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Blog - La bande à bonne'eau


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L’UFC-Que Choisir alerte sur la pollution de l'eau : 10/17  -  par   Maurice
17 octobre 2017

L'UFC Que Choisir alerte sur la pollution de l'eau et montre du doigt l'agriculture intensive. 

Toujours plus rare et polluée, l’eau des rivières et des nappes phréatiques est dans un «état calamiteux», a affirmé ce mardi l’UFC-Que Choisir.

Dans un rapport publié à l’occasion des États généraux de l’alimentation, l’association réclame «une réforme urgente» de la politique de l’eau afin de mettre en place des mesures de prévention des pollutions agricoles et d’appliquer strictement le principe «préleveur-pollueur-payeur».

«Le constat est assez effarant: une ressource qui continue à se dégrader comme si nous subissions une fatalité», a déploré le président de l’UFC-Que Choisir, Alain Bazot, au cours d’une conférence de presse. «On a un système à bout de souffle, une gestion aberrante de la ressource», a-t-il accusé, réclamant «une rénovation en profondeur de la gouvernance dans les agences de l’eau», chargées de gérer la ressource.

L'industrie intensive "loin d'avoir corrigé ses pratiques"

«Dans la moitié du territoire français, les pesticides sont présents dans les cours d’eau à des doses supérieures à la norme autorisée dans l’eau potable».

Cette norme est aussi dépassée dans «le tiers des nappes phréatiques», constate l’association. Pire, dans ces dernières, «les contaminations en nitrates ont progressé, ne laissant plus que la moitié des nappes indemnes», écrit l’UFC-Que Choisir.

L’association impute ces «désastres environnementaux» à l’agriculture intensive qui, dénonce-t-elle, «est loin d’avoir corrigé ses pratiques» puisque «les quantités d’engrais utilisées n’ont pas baissé en vingt ans» et que «l’utilisation des pesticides a même augmenté de 18 % en 5 ans».

La FNSEA réplique

La FNSEA a dénoncé un rapport «caricatural» et «à charge», manipulant les chiffres «quitte à dire des contre-vérités».

Selon des données du ministère de l’Environnement de 2016, «il y a une baisse de 10 % des pesticides dans les cours d’eau entre 2008 et 2013», a déclaré Eric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA et président de sa commission environnement. De même, «il y a une baisse de 14 % des teneurs en nitrates entre 2006 et 2014 dans les cours d’eau», a-t-il ajouté.

L’UFC-Que Choisir regrette par ailleurs que la réparation des dommages environnementaux est toujours très majoritairement financée par les consommateurs. Via leur facture d’eau, ils «payent 88 % de la redevance "pollutions" et 70 % de la redevance "prélèvement", soit 1,9 milliard d’euros par an», précise l’association.

L’agriculture, «pourtant responsable à elle seule de 70 % des pollutions en pesticides, de 75 % des pollutions en nitrates et de la moitié des consommations nettes en eau» ne paie que «7 % de la redevance "pollutions" et 4 % de la redevance "prélèvement", en violation flagrante du principe "préleveur-pollueur-payeur"», selon l’association.

Une politique "dictée par les intérêts agricoles"

Elle estime par ailleurs que la politique de l’eau dans les régions est «dictée par les intérêts agricoles», ce qui conduit selon elle à privilégier «des mesures essentiellement curatives, trop souvent sans chercher à réduire les pollutions à la source».

L’UFC-Que Choisir dénonce également la ponction de 300 millions d’euros sur le budget des agences de l’eau, prévue dans le projet de loi de finances 2018, au bénéfice d’autres organismes.

Elle appelle les consommateurs à se mobiliser via une pétition et lance une campagne de sensibilisation des parlementaires.

Source AFP

Sur le site Journal de l'environnement consultable ici

Trop de pesticides dans les cours d'eau (à gauche) et dans les nappes phréatiques (à droite)
Trop de pesticides dans les cours d'eau (à gauche) et dans les nappes phréatiques (à droite)

L’association UFC-Que Choisir lance, ce 17 octobre, une nouvelle campagne de sensibilisation sur la dégradation de la qualité des rivières et des nappes françaises, liée à l’essor de l’agriculture intensive.

Alors que débute la deuxième phase des Etats généraux de l’alimentation, l’association de consommateurs a décidé de taper là où ça fait mal. «10 ans après notre première campagne[1], nous constatons que la ressource en eau continue de se dégrader et en plus elle se raréfie. Notre système agricole est à bout de souffle», a lancé Alain Bazot, son président, lors d’une conférence de presse.

fortes concentrations de pesticides

En cause: l’agriculture intensive, qui utilise toujours plus de pesticides et tout autant de nitrates. 53% des eaux de surface et 31% des nappes phréatiques affichent ainsi des concentrations en pesticides supérieures aux normes de potabilité (0,1 microgramme par litre). Des chiffres tirés des données des agences de l’eau et du ministère de la transition écologique.

Pour les nitrates, la valeur-guide européenne (25 milligrammes par litre), au-delà de laquelle l’eau ne devrait pas être utilisée pour produire de l’eau potable, est dépassée dans 15% des cours d’eau et 43% des nappes souterraines. Pire, la situation se dégrade au fil des ans puisque les nappes phréatiques les plus contaminées (plus de 40 mg/l) ont progressé de 7 à 10% entre 1996 et 2010.

Silence radio / En pleine sécheresse, Nicolas Hulot a présenté, le 9 août dernier, un plan d’action pour préserver la ressource en eau. Un plan maigre, appelant tous les acteurs à faire des économies, à réduire les fuites de canalisations et à réutiliser les eaux usées. Sans moyens ni calendrier.

Echec politique

«Cela signe l’échec de tous les plans d’action lancés par le gouvernement, sur le mode du volontariat, depuis Fertimieux en 1991», estime Michel Debiais, administrateur d’UFC-Que Choisir. «Les plans Ecophyto I et II n’ont rien changé puisqu’en moyenne triennale, la consommation de pesticides a même augmenté de 18% en nombre de doses-unités[2] entre 2009 et 2014», poursuit-il. Par ailleurs, les ventes d’engrais azotés restent stables depuis le début des années 1990.

Haro sur l’irrigation

Aux problèmes de pollutions s’ajoute la raréfaction de la ressource. En comparant la carte de l’irrigation dans l’Hexagone et celle de la sécheresse (voir ci-dessous), la correspondance saute aux yeux. Preuve que l’irrigation intensive est responsable du manque d’eau, en particulier dans le Sud-Ouest, sur la façade atlantique et dans la vallée du Rhône. Selon l’association, l’agriculture est responsable de 80% de la consommation nette[3] d’eau et le maïs absorbe, à lui tout seul, 40% de l’eau destinée aux cultures irriguées.

Sécheresse historique

«Si les restrictions des usages de l’eau sont récurrents en France, ils ont atteint un record l’été dernier avec 84 départements touchés, dont 59 en état de détresse», note Olivier Andrault, chargé de mission Agriculture de l’ONG. «En Poitou-Charentes, par exemple, des kilomètres de cours d’eau se sont trouvés asséchés, ce qui a obligé les préfectures à arbitrer les différends et a généré de nombreuses tensions. Certains irrigants n’ont pas hésité à déclarer qu’ils ne respecteraient pas les restrictions», raconte Michel Debiais.

A la charge du consommateur

Enfin, ces pollutions et ces prélèvements de la ressource aquatique impliquent un coût important pour la collectivité… qui est payé en majorité par les consommateurs. Car le principe ‘préleveur-pollueur-payeur’ est loin d’être appliqué en France. En 2015, les redevances pour pollutions versées aux agences de l’eau étaient réglées à 88% par les consommateurs contre 7% seulement par les agriculteurs[4].

Même injustice pour les redevances pour prélèvements. En 2015, elles provenaient à 70% des consommateurs contre 4% seulement des agriculteurs[5]. Une situation qui découle en particulier de la sur-représentativité du monde agricole au sein des commissions locales de l’eau, au détriment du monde associatif. A l’origine d’une pétition en ligne, l’UFC-Que Choisir demande donc aux pouvoirs publics de rénover en profondeur la gouvernance des agences de l’eau, d’instaurer une politique juste de l’eau et de préserver, enfin, la ressource.

17 octobre 2017

L'UFC Que Choisir alerte sur la pollution de l'eau et montre du doigt l'agriculture intensive. 

Toujours plus rare et polluée, l’eau des rivières et des nappes phréatiques est dans un «état calamiteux», a affirmé ce mardi l’UFC-Que Choisir.

Dans un rapport publié à l’occasion des États généraux de l’alimentation, l’association réclame «une réforme urgente» de la politique de l’eau afin de mettre en place des mesures de prévention des pollutions agricoles et d’appliquer strictement le principe «préleveur-pollueur-payeur».

«Le constat est assez effarant: une ressource qui continue à se dégrader comme si nous subissions une fatalité», a déploré le président de l’UFC-Que Choisir, Alain Bazot, au cours d’une conférence de presse. «On a un système à bout de souffle, une gestion aberrante de la ressource», a-t-il accusé, réclamant «une rénovation en profondeur de la gouvernance dans les agences de l’eau», chargées de gérer la ressource.

L'industrie intensive "loin d'avoir corrigé ses pratiques"

«Dans la moitié du territoire français, les pesticides sont présents dans les cours d’eau à des doses supérieures à la norme autorisée dans l’eau potable».

Cette norme est aussi dépassée dans «le tiers des nappes phréatiques», constate l’association. Pire, dans ces dernières, «les contaminations en nitrates ont progressé, ne laissant plus que la moitié des nappes indemnes», écrit l’UFC-Que Choisir.

L’association impute ces «désastres environnementaux» à l’agriculture intensive qui, dénonce-t-elle, «est loin d’avoir corrigé ses pratiques» puisque «les quantités d’engrais utilisées n’ont pas baissé en vingt ans» et que «l’utilisation des pesticides a même augmenté de 18 % en 5 ans».

La FNSEA réplique

La FNSEA a dénoncé un rapport «caricatural» et «à charge», manipulant les chiffres «quitte à dire des contre-vérités».

Selon des données du ministère de l’Environnement de 2016, «il y a une baisse de 10 % des pesticides dans les cours d’eau entre 2008 et 2013», a déclaré Eric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA et président de sa commission environnement. De même, «il y a une baisse de 14 % des teneurs en nitrates entre 2006 et 2014 dans les cours d’eau», a-t-il ajouté.

L’UFC-Que Choisir regrette par ailleurs que la réparation des dommages environnementaux est toujours très majoritairement financée par les consommateurs. Via leur facture d’eau, ils «payent 88 % de la redevance "pollutions" et 70 % de la redevance "prélèvement", soit 1,9 milliard d’euros par an», précise l’association.

L’agriculture, «pourtant responsable à elle seule de 70 % des pollutions en pesticides, de 75 % des pollutions en nitrates et de la moitié des consommations nettes en eau» ne paie que «7 % de la redevance "pollutions" et 4 % de la redevance "prélèvement", en violation flagrante du principe "préleveur-pollueur-payeur"», selon l’association.

Une politique "dictée par les intérêts agricoles"

Elle estime par ailleurs que la politique de l’eau dans les régions est «dictée par les intérêts agricoles», ce qui conduit selon elle à privilégier «des mesures essentiellement curatives, trop souvent sans chercher à réduire les pollutions à la source».

L’UFC-Que Choisir dénonce également la ponction de 300 millions d’euros sur le budget des agences de l’eau, prévue dans le projet de loi de finances 2018, au bénéfice d’autres organismes.

Elle appelle les consommateurs à se mobiliser via une pétition et lance une campagne de sensibilisation des parlementaires.

Source AFP

Sur le site Journal de l'environnement consultable ici

Trop de pesticides dans les cours d'eau (à gauche) et dans les nappes phréatiques (à droite)
Trop de pesticides dans les cours d'eau (à gauche) et dans les nappes phréatiques (à droite)

L’association UFC-Que Choisir lance, ce 17 octobre, une nouvelle campagne de sensibilisation sur la dégradation de la qualité des rivières et des nappes françaises, liée à l’essor de l’agriculture intensive.

Alors que débute la deuxième phase des Etats généraux de l’alimentation, l’association de consommateurs a décidé de taper là où ça fait mal. «10 ans après notre première campagne[1], nous constatons que la ressource en eau continue de se dégrader et en plus elle se raréfie. Notre système agricole est à bout de souffle», a lancé Alain Bazot, son président, lors d’une conférence de presse.

fortes concentrations de pesticides

En cause: l’agriculture intensive, qui utilise toujours plus de pesticides et tout autant de nitrates. 53% des eaux de surface et 31% des nappes phréatiques affichent ainsi des concentrations en pesticides supérieures aux normes de potabilité (0,1 microgramme par litre). Des chiffres tirés des données des agences de l’eau et du ministère de la transition écologique.

Pour les nitrates, la valeur-guide européenne (25 milligrammes par litre), au-delà de laquelle l’eau ne devrait pas être utilisée pour produire de l’eau potable, est dépassée dans 15% des cours d’eau et 43% des nappes souterraines. Pire, la situation se dégrade au fil des ans puisque les nappes phréatiques les plus contaminées (plus de 40 mg/l) ont progressé de 7 à 10% entre 1996 et 2010.

Silence radio / En pleine sécheresse, Nicolas Hulot a présenté, le 9 août dernier, un plan d’action pour préserver la ressource en eau. Un plan maigre, appelant tous les acteurs à faire des économies, à réduire les fuites de canalisations et à réutiliser les eaux usées. Sans moyens ni calendrier.

Echec politique

«Cela signe l’échec de tous les plans d’action lancés par le gouvernement, sur le mode du volontariat, depuis Fertimieux en 1991», estime Michel Debiais, administrateur d’UFC-Que Choisir. «Les plans Ecophyto I et II n’ont rien changé puisqu’en moyenne triennale, la consommation de pesticides a même augmenté de 18% en nombre de doses-unités[2] entre 2009 et 2014», poursuit-il. Par ailleurs, les ventes d’engrais azotés restent stables depuis le début des années 1990.

Haro sur l’irrigation

Aux problèmes de pollutions s’ajoute la raréfaction de la ressource. En comparant la carte de l’irrigation dans l’Hexagone et celle de la sécheresse (voir ci-dessous), la correspondance saute aux yeux. Preuve que l’irrigation intensive est responsable du manque d’eau, en particulier dans le Sud-Ouest, sur la façade atlantique et dans la vallée du Rhône. Selon l’association, l’agriculture est responsable de 80% de la consommation nette[3] d’eau et le maïs absorbe, à lui tout seul, 40% de l’eau destinée aux cultures irriguées.

Sécheresse historique

«Si les restrictions des usages de l’eau sont récurrents en France, ils ont atteint un record l’été dernier avec 84 départements touchés, dont 59 en état de détresse», note Olivier Andrault, chargé de mission Agriculture de l’ONG. «En Poitou-Charentes, par exemple, des kilomètres de cours d’eau se sont trouvés asséchés, ce qui a obligé les préfectures à arbitrer les différends et a généré de nombreuses tensions. Certains irrigants n’ont pas hésité à déclarer qu’ils ne respecteraient pas les restrictions», raconte Michel Debiais.

A la charge du consommateur

Enfin, ces pollutions et ces prélèvements de la ressource aquatique impliquent un coût important pour la collectivité… qui est payé en majorité par les consommateurs. Car le principe ‘préleveur-pollueur-payeur’ est loin d’être appliqué en France. En 2015, les redevances pour pollutions versées aux agences de l’eau étaient réglées à 88% par les consommateurs contre 7% seulement par les agriculteurs[4].

Même injustice pour les redevances pour prélèvements. En 2015, elles provenaient à 70% des consommateurs contre 4% seulement des agriculteurs[5]. Une situation qui découle en particulier de la sur-représentativité du monde agricole au sein des commissions locales de l’eau, au détriment du monde associatif. A l’origine d’une pétition en ligne, l’UFC-Que Choisir demande donc aux pouvoirs publics de rénover en profondeur la gouvernance des agences de l’eau, d’instaurer une politique juste de l’eau et de préserver, enfin, la ressource.

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Publié le 22/10/2017 10:01   | |    |