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Blog - Brèves d'eau


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Le président de la Métropole, Bruno Bernard veut lâcher Véolia pour créer une régie publique de l’eau : les avantages et les inconvénients 11/20  -  par   Maurice

Novembre 2020 Le Lyon entreprise par Dominique Largeron

Le président de la Métropole, Bruno Bernard veut lâcher Véolia pour créer une régie publique de l’eau : les avantages et les inconvénients

.

C’était dans le programme des Verts : sans surprise, Bruno Bernard, le président de la métropole de Lyon a confirmé que Lyon se passera en 2023 du groupe Véolia qui gère son eau, pour créer une régie publique de l’eau.

C’est en effet en décembre 2022 que le contrat de DSP (Délégation de service public entre la Métropole et le géant français de l’eau Véolia arrive à échéance.

Une grosse perte au passage pour Véolia, Lyon étant un de ses plus gros marchés : 90 millions d’euros par an, son deuxième marché en importance en France.

L’objectif affiché par Bruno Bernard avec ce changement annoncé : “préserver la ressource.”

Et d’ajouter : “Il faut travailler avec les agriculteurs de l’aire métropolitaine pour les inciter à limiter leurs consommations et l’utilisation de pesticides.”

Derrière cette annonce se profile un autre enjeu avec les sécheresses à répétition qui touchent la région : 90 % des captages de Véolia sont situés sur le Rhône. Or, Elisabeth Ayrault, la présidente de la CNR (Compagnie Nationale du Rhône) a annoncé à plusieurs reprises que son débit pourrait chuter de 40 %, d’ici 2050 !

En ligne de mire, le président de la métropole de Lyon vise la marge bénéficiaire de Véolia qu’il estime entre 5 et 6 % par an.

Celle-ci ne serait pas utilisée à baisser le prix de l’eau pour les habitants de la Métropole, qui devrait rester au même prix.

L’eau restera au même prix

“Il n’y aura pas de changement tarifaire, du moins, dans l’immédiat ; mais nous réfléchissons à une tarification permettant au moins la gratuité des premiers mètres cubes pour les plus démunis”, a assuré Bruno Bernard.

A noter que cette reprise en main du service de l’eau n’est pas un marqueur idéologique. Des maires de toutes tendances ont en effet décidé de sauter le pas du privé vers le public ou de conserver l’eau en régie publique. C’est plus un choix de gestion et de volonté de conserver tous les leviers de gestion autour de l’eau qui à n’en pas douter va constituer un des défis majeurs du changement climatique. Un choix donc logique pour une municipalité à coloration verte.

La régie publique a le vent en poupe

Le modèle de gestion publique de l’eau a en effet le vent en poupe actuellement en France, mais pour être pertinent, il nécessite un véritable engagement politique.

Il faut bien comprendre que le prix de l’eau servi aux populations ne doit pas être le seul indicateur : il est facile de proposer un prix bas si l’on ne provisionne pas les montants nécessaires au renouvellement des canalisations, par exemple.

L’actuelle délégation de service publique impose à Véolia de renouveler chaque année 20 km de canalisations sur les… 4 000 km de réseaux de la Métropole, ce qui assurément est peu, même si Véolia se targue d’avoir fait progresser le taux de rendement du réseau de 77 à 85 % au cours des trois dernières années grâce à 5 500 capteurs sonorisés pour repérer les fuites.

Bruno Bernard veut ainsi utiliser la marge récupérée de Véolia pour accélérer les travaux de rénovation des canalisations.

Outre les canalisations, il y a d’autres paramètres à prendre en compte dont la densité du réseau : c’est moins cher d’amener de l’eau en ville qu’à la campagne. Et la qualité de l’eau brute : plus il y a de polluants, et donc de traitements, plus le prix augmente.

Il faut également savoir que le prix ne comprend que pour un tiers l’eau potable. Les deux tiers restants financent en général dans la plupart des réseaux l’assainissement et la protection des ressources. ”

Un autre argument est prix en compte par Bruno Bernard: l’accès à l’eau des usagers les plus pauvres. “Le temps des coupures d’eau pour impayé est révolu”, selon Emmanuel Poilane, de l’association France libertés. Celle-ci s’est battue pour faire respecter la loi Brottes qui les interdit depuis 2013, au nom d’un droit à l’eau reconnu par le Conseil constitutionnel. Une régie ne coupe en général pas l’eau.

L’avenir, c’est aussi préserver la qualité de l’eau.

La logique d’une entreprise privée, c’est de proposer des traitements de plus en plus sophistiqués.

Dans la gestion publique, on a au contraire intérêt à préserver la ressource le plus en amont possible. C’est bien la politique qu’entend mener le nouvel exécutif métropolitain…

Reste que même en régie, tout n’est pas pour autant réalisé en interne. La régie recourt toujours à l’expertise du privé. Véolia pourrait ainsi conserver un rôle, même s’il se révèle bien moindre…

Un paradoxe d’ailleurs puisque c’est à Lyon qu’a été créée en 1853, l’ancêtre qui a donné naissance à Véolia…

Novembre 2020 Le Lyon entreprise par Dominique Largeron

Le président de la Métropole, Bruno Bernard veut lâcher Véolia pour créer une régie publique de l’eau : les avantages et les inconvénients

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C’était dans le programme des Verts : sans surprise, Bruno Bernard, le président de la métropole de Lyon a confirmé que Lyon se passera en 2023 du groupe Véolia qui gère son eau, pour créer une régie publique de l’eau.

C’est en effet en décembre 2022 que le contrat de DSP (Délégation de service public entre la Métropole et le géant français de l’eau Véolia arrive à échéance.

Une grosse perte au passage pour Véolia, Lyon étant un de ses plus gros marchés : 90 millions d’euros par an, son deuxième marché en importance en France.

L’objectif affiché par Bruno Bernard avec ce changement annoncé : “préserver la ressource.”

Et d’ajouter : “Il faut travailler avec les agriculteurs de l’aire métropolitaine pour les inciter à limiter leurs consommations et l’utilisation de pesticides.”

Derrière cette annonce se profile un autre enjeu avec les sécheresses à répétition qui touchent la région : 90 % des captages de Véolia sont situés sur le Rhône. Or, Elisabeth Ayrault, la présidente de la CNR (Compagnie Nationale du Rhône) a annoncé à plusieurs reprises que son débit pourrait chuter de 40 %, d’ici 2050 !

En ligne de mire, le président de la métropole de Lyon vise la marge bénéficiaire de Véolia qu’il estime entre 5 et 6 % par an.

Celle-ci ne serait pas utilisée à baisser le prix de l’eau pour les habitants de la Métropole, qui devrait rester au même prix.

L’eau restera au même prix

“Il n’y aura pas de changement tarifaire, du moins, dans l’immédiat ; mais nous réfléchissons à une tarification permettant au moins la gratuité des premiers mètres cubes pour les plus démunis”, a assuré Bruno Bernard.

A noter que cette reprise en main du service de l’eau n’est pas un marqueur idéologique. Des maires de toutes tendances ont en effet décidé de sauter le pas du privé vers le public ou de conserver l’eau en régie publique. C’est plus un choix de gestion et de volonté de conserver tous les leviers de gestion autour de l’eau qui à n’en pas douter va constituer un des défis majeurs du changement climatique. Un choix donc logique pour une municipalité à coloration verte.

La régie publique a le vent en poupe

Le modèle de gestion publique de l’eau a en effet le vent en poupe actuellement en France, mais pour être pertinent, il nécessite un véritable engagement politique.

Il faut bien comprendre que le prix de l’eau servi aux populations ne doit pas être le seul indicateur : il est facile de proposer un prix bas si l’on ne provisionne pas les montants nécessaires au renouvellement des canalisations, par exemple.

L’actuelle délégation de service publique impose à Véolia de renouveler chaque année 20 km de canalisations sur les… 4 000 km de réseaux de la Métropole, ce qui assurément est peu, même si Véolia se targue d’avoir fait progresser le taux de rendement du réseau de 77 à 85 % au cours des trois dernières années grâce à 5 500 capteurs sonorisés pour repérer les fuites.

Bruno Bernard veut ainsi utiliser la marge récupérée de Véolia pour accélérer les travaux de rénovation des canalisations.

Outre les canalisations, il y a d’autres paramètres à prendre en compte dont la densité du réseau : c’est moins cher d’amener de l’eau en ville qu’à la campagne. Et la qualité de l’eau brute : plus il y a de polluants, et donc de traitements, plus le prix augmente.

Il faut également savoir que le prix ne comprend que pour un tiers l’eau potable. Les deux tiers restants financent en général dans la plupart des réseaux l’assainissement et la protection des ressources. ”

Un autre argument est prix en compte par Bruno Bernard: l’accès à l’eau des usagers les plus pauvres. “Le temps des coupures d’eau pour impayé est révolu”, selon Emmanuel Poilane, de l’association France libertés. Celle-ci s’est battue pour faire respecter la loi Brottes qui les interdit depuis 2013, au nom d’un droit à l’eau reconnu par le Conseil constitutionnel. Une régie ne coupe en général pas l’eau.

L’avenir, c’est aussi préserver la qualité de l’eau.

La logique d’une entreprise privée, c’est de proposer des traitements de plus en plus sophistiqués.

Dans la gestion publique, on a au contraire intérêt à préserver la ressource le plus en amont possible. C’est bien la politique qu’entend mener le nouvel exécutif métropolitain…

Reste que même en régie, tout n’est pas pour autant réalisé en interne. La régie recourt toujours à l’expertise du privé. Véolia pourrait ainsi conserver un rôle, même s’il se révèle bien moindre…

Un paradoxe d’ailleurs puisque c’est à Lyon qu’a été créée en 1853, l’ancêtre qui a donné naissance à Véolia…

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Publié le 03/11/2020 18:53   | |    |