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Nouvelles des Amis -

Vayrana


Association Vayrana défense de la qualité et de l'accessibilité au moindre coût de la ressource en eau dans le Pilat Rhodanien.


Déclaration de la société civile "L'eau pour la vie, pas pour le profit !" / 22 mars 2021: 03/21 - par Maurice le 20/03/2021 09:32 

22 mars 2021

Déclaration de la société civile "L'eau pour la vie, pas pour le profit!" 22 mars 2021.. 

 
A la veille de la journée mondiale de l'Eau, le texte ci-dessous a été proposé à signature aux associations ayant pour but la défense de ce bien commun indispensable à la vie. parmi les 539 associations du monde entier et les 182 françaises on trouve bien-sûr la signature de Vayrana et celle de notre coordination nationale La CACE.
Déclaration de la société civile "L'eau pour la vie, pas pour le profit !" / 22 mars 2021
Ce 22 mars, les Nations unies célèbrent la Journée Mondiale de l’Eau autour du thème officiel « la valeur de l’eau ». Ce choix de thème doit nous alerter : de l’idée de valeur à celle de prix, il n’y a qu’un pas ! Or donner une valeur financière à la nature est un phénomène grandissant qui vient d‘atteindre son paroxysme avec l’entrée en bourse de l’élément le plus essentiel pour l’humanité et la vie : l’eau.
L’entrée de l’eau en bourse : un crime contre le vivant !
Le 7 décembre 2020, la plus grande société mondiale d'échange de produits dérivés financiers, CME Group, a lancé le premier marché à terme de l'eau. Les investisseurs et spéculateurs peuvent désormais parier sur l’évolution du cours de l’eau en Californie.
En théorie, les contrats à terme doivent permettre de lutter contre la volatilité des prix et offrir une sécurité pour les agriculteurs. La réalité, elle, a largement montré le contraire.
Les impacts des « marchés de l’eau » déjà mis en place dans plusieurs pays sont catastrophiques. Au Chili, des rivières sont mises aux enchères et acquises par des milliardaires qui utilisent les eaux pour irriguer massivement les productions intensives d’avocats ou alimenter les mines tandis que des millions de personnes tentent de survivre à cet accaparement de l’eau qui entraine des sécheresses majeures. En Australie, le marché de l’eau, censé soutenir l’économie tout en empêchant le gaspillage de l’eau, a finalement incité les investisseurs et les industriels de l’agriculture à la spéculation, en fonction des prévisions de pénurie et du prix futur de l’eau, au détriment de l’accès à l’eau des paysans.
Pollution, surexploitation, marchandisation, accaparements, perturbation des cycles… Autant de pressions que subissent déjà les écosystèmes aquatiques du fait de nos modèles de développement. Dans ce contexte de crise de l’eau généralisée, l'eau de qualité est de plus en plus rare et convoitée : elle devient un placement financier idéal pour les investisseurs puisque chaque personne en a besoin pour vivre, et qu’aucun substitut ne peut la remplacer.
Des milliards de personnes ne jouissent toujours pas de leur droit humain à l’eau et des millions de petits paysans éprouvent déjà de grandes difficultés pour accéder à l’eau. La financiarisation de l’eau ouvre la porte à des spéculations massives et à des prix de l’eau élevés favorisant les acteurs économiques les plus puissants. C’est le risque de voir se multiplier des monocultures ou des zones sacrifiées par des crimes environnementaux causés par l’agrobusiness et l’extractivisme, dont les intérêts économiques et financiers sont bien plus attractifs pour les spéculateurs. Dans ce lucratif marché, les besoins humains et les besoins des écosystèmes ne sont pas prioritaires.
Parce que l'eau est la source de la vie, elle ne peut être considérée comme une marchandise ni comme un placement financier ou un objet de spéculation. Les menaces que font peser la pandémie et la crise climatique au niveau mondial doivent nous en faire prendre conscience de manière urgente. Laisser les lois du marché décider de la répartition et de la gestion de l’eau est inacceptable au regard des droits humains et irresponsable face à la situation écologique et sanitaire mondiale.
Protégeons l’eau, notre bien commun
Alors que l’ONU a reconnu le droit humain à l’eau il y a plus de dix ans, un sursaut est nécessaire. Pour que le droit à l’eau devienne une réalité pour tout le monde, nous devons rejeter cette vision purement économique et utilitariste de l’eau. Dans de nombreux territoires, des politiques de l’eau alternatives s’expérimentent avec, au cœur, le respect des écosystèmes dont nous dépendons. A travers le monde, des personnes s’organisent pour faire reconnaitre leur droit à l’eau et exigent leur pleine participation aux politiques des bassins versants. De nombreux collectifs dénoncent la mainmise des intérêts privés sur l’eau et résistent face à des projets mettant en péril l’eau de leur milieu de vie. D’autres font pression pour que des droits soient reconnus à des rivières, des glaciers ou des lacs. Cette responsabilité collective des communautés humaines vis-à-vis de l’eau en tant que bien commun du vivant n’est pas une option.
C’est pourquoi, en cette Journée Mondiale de l’Eau, associations et collectifs de tous les pays, dans toute notre diversité, nous nous unissons pour rappeler que l’eau est un droit humain et un bien commun. Nous continuerons de le dire, dans toutes les langues s’il le faut, l’eau c’est la vie !
Nous réaffirmons qu’un droit humain n’est pas conditionné à la capacité de payer. Nous réaffirmons qu’un bien commun ne doit pas être géré et contrôlé par les lois des marchés financiers.
Nous en appelons à la prise de responsabilité des pouvoirs publics pour qu’ils s’opposent à la financiarisation de la vie et qu’ils prennent toutes les mesures nécessaires pour rendre illégale la cotation de l’eau en bourse.
Nous appelons également chaque personne à revendiquer son droit à l’eau, à refuser l’emprise des acteurs financiers sur cet élément vital, à se réapproprier ce bien commun du vivant, et à contribuer à sa protection pour les générations présentes et futures.
Ayons l’audace de repenser notre rapport à l’eau car il en va de l’habitabilité de la Terre !
D'autre part, si vous avez du temps à consacrer à l'information sur ce combat essentiel, vous découvrirez des auditions fort intéressantes dans le cadre de la commission parlementaire en cours, en suivant ce lien :
20210320.png

Déclaration de la société civile "L'eau pour la vie, pas pour le profit !" / 22 mars 2021: 03/21 - par Maurice le 20/03/2021 09:32 

22 mars 2021

Déclaration de la société civile "L'eau pour la vie, pas pour le profit!" 22 mars 2021.. 

 
A la veille de la journée mondiale de l'Eau, le texte ci-dessous a été proposé à signature aux associations ayant pour but la défense de ce bien commun indispensable à la vie. parmi les 539 associations du monde entier et les 182 françaises on trouve bien-sûr la signature de Vayrana et celle de notre coordination nationale La CACE.
Déclaration de la société civile "L'eau pour la vie, pas pour le profit !" / 22 mars 2021
Ce 22 mars, les Nations unies célèbrent la Journée Mondiale de l’Eau autour du thème officiel « la valeur de l’eau ». Ce choix de thème doit nous alerter : de l’idée de valeur à celle de prix, il n’y a qu’un pas ! Or donner une valeur financière à la nature est un phénomène grandissant qui vient d‘atteindre son paroxysme avec l’entrée en bourse de l’élément le plus essentiel pour l’humanité et la vie : l’eau.
L’entrée de l’eau en bourse : un crime contre le vivant !
Le 7 décembre 2020, la plus grande société mondiale d'échange de produits dérivés financiers, CME Group, a lancé le premier marché à terme de l'eau. Les investisseurs et spéculateurs peuvent désormais parier sur l’évolution du cours de l’eau en Californie.
En théorie, les contrats à terme doivent permettre de lutter contre la volatilité des prix et offrir une sécurité pour les agriculteurs. La réalité, elle, a largement montré le contraire.
Les impacts des « marchés de l’eau » déjà mis en place dans plusieurs pays sont catastrophiques. Au Chili, des rivières sont mises aux enchères et acquises par des milliardaires qui utilisent les eaux pour irriguer massivement les productions intensives d’avocats ou alimenter les mines tandis que des millions de personnes tentent de survivre à cet accaparement de l’eau qui entraine des sécheresses majeures. En Australie, le marché de l’eau, censé soutenir l’économie tout en empêchant le gaspillage de l’eau, a finalement incité les investisseurs et les industriels de l’agriculture à la spéculation, en fonction des prévisions de pénurie et du prix futur de l’eau, au détriment de l’accès à l’eau des paysans.
Pollution, surexploitation, marchandisation, accaparements, perturbation des cycles… Autant de pressions que subissent déjà les écosystèmes aquatiques du fait de nos modèles de développement. Dans ce contexte de crise de l’eau généralisée, l'eau de qualité est de plus en plus rare et convoitée : elle devient un placement financier idéal pour les investisseurs puisque chaque personne en a besoin pour vivre, et qu’aucun substitut ne peut la remplacer.
Des milliards de personnes ne jouissent toujours pas de leur droit humain à l’eau et des millions de petits paysans éprouvent déjà de grandes difficultés pour accéder à l’eau. La financiarisation de l’eau ouvre la porte à des spéculations massives et à des prix de l’eau élevés favorisant les acteurs économiques les plus puissants. C’est le risque de voir se multiplier des monocultures ou des zones sacrifiées par des crimes environnementaux causés par l’agrobusiness et l’extractivisme, dont les intérêts économiques et financiers sont bien plus attractifs pour les spéculateurs. Dans ce lucratif marché, les besoins humains et les besoins des écosystèmes ne sont pas prioritaires.
Parce que l'eau est la source de la vie, elle ne peut être considérée comme une marchandise ni comme un placement financier ou un objet de spéculation. Les menaces que font peser la pandémie et la crise climatique au niveau mondial doivent nous en faire prendre conscience de manière urgente. Laisser les lois du marché décider de la répartition et de la gestion de l’eau est inacceptable au regard des droits humains et irresponsable face à la situation écologique et sanitaire mondiale.
Protégeons l’eau, notre bien commun
Alors que l’ONU a reconnu le droit humain à l’eau il y a plus de dix ans, un sursaut est nécessaire. Pour que le droit à l’eau devienne une réalité pour tout le monde, nous devons rejeter cette vision purement économique et utilitariste de l’eau. Dans de nombreux territoires, des politiques de l’eau alternatives s’expérimentent avec, au cœur, le respect des écosystèmes dont nous dépendons. A travers le monde, des personnes s’organisent pour faire reconnaitre leur droit à l’eau et exigent leur pleine participation aux politiques des bassins versants. De nombreux collectifs dénoncent la mainmise des intérêts privés sur l’eau et résistent face à des projets mettant en péril l’eau de leur milieu de vie. D’autres font pression pour que des droits soient reconnus à des rivières, des glaciers ou des lacs. Cette responsabilité collective des communautés humaines vis-à-vis de l’eau en tant que bien commun du vivant n’est pas une option.
C’est pourquoi, en cette Journée Mondiale de l’Eau, associations et collectifs de tous les pays, dans toute notre diversité, nous nous unissons pour rappeler que l’eau est un droit humain et un bien commun. Nous continuerons de le dire, dans toutes les langues s’il le faut, l’eau c’est la vie !
Nous réaffirmons qu’un droit humain n’est pas conditionné à la capacité de payer. Nous réaffirmons qu’un bien commun ne doit pas être géré et contrôlé par les lois des marchés financiers.
Nous en appelons à la prise de responsabilité des pouvoirs publics pour qu’ils s’opposent à la financiarisation de la vie et qu’ils prennent toutes les mesures nécessaires pour rendre illégale la cotation de l’eau en bourse.
Nous appelons également chaque personne à revendiquer son droit à l’eau, à refuser l’emprise des acteurs financiers sur cet élément vital, à se réapproprier ce bien commun du vivant, et à contribuer à sa protection pour les générations présentes et futures.
Ayons l’audace de repenser notre rapport à l’eau car il en va de l’habitabilité de la Terre !
D'autre part, si vous avez du temps à consacrer à l'information sur ce combat essentiel, vous découvrirez des auditions fort intéressantes dans le cadre de la commission parlementaire en cours, en suivant ce lien :
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(20/03/2021 09:32)

Le Vayrana Info N° 54 est disponible 12/20 - par Maurice le 22/12/2020 07:42 

Décembre  2020 Le Vayrana Info N° 54 est disponible ici

.

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Le Vayrana Info N° 54 est disponible 12/20 - par Maurice le 22/12/2020 07:42 

Décembre  2020 Le Vayrana Info N° 54 est disponible ici

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(22/12/2020 07:42)

Le président de la Métropole, Bruno Bernard veut lâcher Véolia pour créer une régie publique de l’eau : les avantages et les inconvénients 11/20 - par Maurice le 03/11/2020 18:53 

Novembre 2020 Le Lyon entreprise par Dominique Largeron

Le président de la Métropole, Bruno Bernard veut lâcher Véolia pour créer une régie publique de l’eau : les avantages et les inconvénients

.

C’était dans le programme des Verts : sans surprise, Bruno Bernard, le président de la métropole de Lyon a confirmé que Lyon se passera en 2023 du groupe Véolia qui gère son eau, pour créer une régie publique de l’eau.

C’est en effet en décembre 2022 que le contrat de DSP (Délégation de service public entre la Métropole et le géant français de l’eau Véolia arrive à échéance.

Une grosse perte au passage pour Véolia, Lyon étant un de ses plus gros marchés : 90 millions d’euros par an, son deuxième marché en importance en France.

L’objectif affiché par Bruno Bernard avec ce changement annoncé : “préserver la ressource.”

Et d’ajouter : “Il faut travailler avec les agriculteurs de l’aire métropolitaine pour les inciter à limiter leurs consommations et l’utilisation de pesticides.”

Derrière cette annonce se profile un autre enjeu avec les sécheresses à répétition qui touchent la région : 90 % des captages de Véolia sont situés sur le Rhône. Or, Elisabeth Ayrault, la présidente de la CNR (Compagnie Nationale du Rhône) a annoncé à plusieurs reprises que son débit pourrait chuter de 40 %, d’ici 2050 !

En ligne de mire, le président de la métropole de Lyon vise la marge bénéficiaire de Véolia qu’il estime entre 5 et 6 % par an.

Celle-ci ne serait pas utilisée à baisser le prix de l’eau pour les habitants de la Métropole, qui devrait rester au même prix.

L’eau restera au même prix

“Il n’y aura pas de changement tarifaire, du moins, dans l’immédiat ; mais nous réfléchissons à une tarification permettant au moins la gratuité des premiers mètres cubes pour les plus démunis”, a assuré Bruno Bernard.

A noter que cette reprise en main du service de l’eau n’est pas un marqueur idéologique. Des maires de toutes tendances ont en effet décidé de sauter le pas du privé vers le public ou de conserver l’eau en régie publique. C’est plus un choix de gestion et de volonté de conserver tous les leviers de gestion autour de l’eau qui à n’en pas douter va constituer un des défis majeurs du changement climatique. Un choix donc logique pour une municipalité à coloration verte.

La régie publique a le vent en poupe

Le modèle de gestion publique de l’eau a en effet le vent en poupe actuellement en France, mais pour être pertinent, il nécessite un véritable engagement politique.

Il faut bien comprendre que le prix de l’eau servi aux populations ne doit pas être le seul indicateur : il est facile de proposer un prix bas si l’on ne provisionne pas les montants nécessaires au renouvellement des canalisations, par exemple.

L’actuelle délégation de service publique impose à Véolia de renouveler chaque année 20 km de canalisations sur les… 4 000 km de réseaux de la Métropole, ce qui assurément est peu, même si Véolia se targue d’avoir fait progresser le taux de rendement du réseau de 77 à 85 % au cours des trois dernières années grâce à 5 500 capteurs sonorisés pour repérer les fuites.

Bruno Bernard veut ainsi utiliser la marge récupérée de Véolia pour accélérer les travaux de rénovation des canalisations.

Outre les canalisations, il y a d’autres paramètres à prendre en compte dont la densité du réseau : c’est moins cher d’amener de l’eau en ville qu’à la campagne. Et la qualité de l’eau brute : plus il y a de polluants, et donc de traitements, plus le prix augmente.

Il faut également savoir que le prix ne comprend que pour un tiers l’eau potable. Les deux tiers restants financent en général dans la plupart des réseaux l’assainissement et la protection des ressources. ”

Un autre argument est prix en compte par Bruno Bernard: l’accès à l’eau des usagers les plus pauvres. “Le temps des coupures d’eau pour impayé est révolu”, selon Emmanuel Poilane, de l’association France libertés. Celle-ci s’est battue pour faire respecter la loi Brottes qui les interdit depuis 2013, au nom d’un droit à l’eau reconnu par le Conseil constitutionnel. Une régie ne coupe en général pas l’eau.

L’avenir, c’est aussi préserver la qualité de l’eau.

La logique d’une entreprise privée, c’est de proposer des traitements de plus en plus sophistiqués.

Dans la gestion publique, on a au contraire intérêt à préserver la ressource le plus en amont possible. C’est bien la politique qu’entend mener le nouvel exécutif métropolitain…

Reste que même en régie, tout n’est pas pour autant réalisé en interne. La régie recourt toujours à l’expertise du privé. Véolia pourrait ainsi conserver un rôle, même s’il se révèle bien moindre…

Un paradoxe d’ailleurs puisque c’est à Lyon qu’a été créée en 1853, l’ancêtre qui a donné naissance à Véolia…

Le président de la Métropole, Bruno Bernard veut lâcher Véolia pour créer une régie publique de l’eau : les avantages et les inconvénients 11/20 - par Maurice le 03/11/2020 18:53 

Novembre 2020 Le Lyon entreprise par Dominique Largeron

Le président de la Métropole, Bruno Bernard veut lâcher Véolia pour créer une régie publique de l’eau : les avantages et les inconvénients

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C’était dans le programme des Verts : sans surprise, Bruno Bernard, le président de la métropole de Lyon a confirmé que Lyon se passera en 2023 du groupe Véolia qui gère son eau, pour créer une régie publique de l’eau.

C’est en effet en décembre 2022 que le contrat de DSP (Délégation de service public entre la Métropole et le géant français de l’eau Véolia arrive à échéance.

Une grosse perte au passage pour Véolia, Lyon étant un de ses plus gros marchés : 90 millions d’euros par an, son deuxième marché en importance en France.

L’objectif affiché par Bruno Bernard avec ce changement annoncé : “préserver la ressource.”

Et d’ajouter : “Il faut travailler avec les agriculteurs de l’aire métropolitaine pour les inciter à limiter leurs consommations et l’utilisation de pesticides.”

Derrière cette annonce se profile un autre enjeu avec les sécheresses à répétition qui touchent la région : 90 % des captages de Véolia sont situés sur le Rhône. Or, Elisabeth Ayrault, la présidente de la CNR (Compagnie Nationale du Rhône) a annoncé à plusieurs reprises que son débit pourrait chuter de 40 %, d’ici 2050 !

En ligne de mire, le président de la métropole de Lyon vise la marge bénéficiaire de Véolia qu’il estime entre 5 et 6 % par an.

Celle-ci ne serait pas utilisée à baisser le prix de l’eau pour les habitants de la Métropole, qui devrait rester au même prix.

L’eau restera au même prix

“Il n’y aura pas de changement tarifaire, du moins, dans l’immédiat ; mais nous réfléchissons à une tarification permettant au moins la gratuité des premiers mètres cubes pour les plus démunis”, a assuré Bruno Bernard.

A noter que cette reprise en main du service de l’eau n’est pas un marqueur idéologique. Des maires de toutes tendances ont en effet décidé de sauter le pas du privé vers le public ou de conserver l’eau en régie publique. C’est plus un choix de gestion et de volonté de conserver tous les leviers de gestion autour de l’eau qui à n’en pas douter va constituer un des défis majeurs du changement climatique. Un choix donc logique pour une municipalité à coloration verte.

La régie publique a le vent en poupe

Le modèle de gestion publique de l’eau a en effet le vent en poupe actuellement en France, mais pour être pertinent, il nécessite un véritable engagement politique.

Il faut bien comprendre que le prix de l’eau servi aux populations ne doit pas être le seul indicateur : il est facile de proposer un prix bas si l’on ne provisionne pas les montants nécessaires au renouvellement des canalisations, par exemple.

L’actuelle délégation de service publique impose à Véolia de renouveler chaque année 20 km de canalisations sur les… 4 000 km de réseaux de la Métropole, ce qui assurément est peu, même si Véolia se targue d’avoir fait progresser le taux de rendement du réseau de 77 à 85 % au cours des trois dernières années grâce à 5 500 capteurs sonorisés pour repérer les fuites.

Bruno Bernard veut ainsi utiliser la marge récupérée de Véolia pour accélérer les travaux de rénovation des canalisations.

Outre les canalisations, il y a d’autres paramètres à prendre en compte dont la densité du réseau : c’est moins cher d’amener de l’eau en ville qu’à la campagne. Et la qualité de l’eau brute : plus il y a de polluants, et donc de traitements, plus le prix augmente.

Il faut également savoir que le prix ne comprend que pour un tiers l’eau potable. Les deux tiers restants financent en général dans la plupart des réseaux l’assainissement et la protection des ressources. ”

Un autre argument est prix en compte par Bruno Bernard: l’accès à l’eau des usagers les plus pauvres. “Le temps des coupures d’eau pour impayé est révolu”, selon Emmanuel Poilane, de l’association France libertés. Celle-ci s’est battue pour faire respecter la loi Brottes qui les interdit depuis 2013, au nom d’un droit à l’eau reconnu par le Conseil constitutionnel. Une régie ne coupe en général pas l’eau.

L’avenir, c’est aussi préserver la qualité de l’eau.

La logique d’une entreprise privée, c’est de proposer des traitements de plus en plus sophistiqués.

Dans la gestion publique, on a au contraire intérêt à préserver la ressource le plus en amont possible. C’est bien la politique qu’entend mener le nouvel exécutif métropolitain…

Reste que même en régie, tout n’est pas pour autant réalisé en interne. La régie recourt toujours à l’expertise du privé. Véolia pourrait ainsi conserver un rôle, même s’il se révèle bien moindre…

Un paradoxe d’ailleurs puisque c’est à Lyon qu’a été créée en 1853, l’ancêtre qui a donné naissance à Véolia…

(03/11/2020 18:53)

Véolia-Suez: Genèse d'une affaire d'Etat : 10/20 - par Maurice le 28/10/2020 08:56 

26 octobre 2020

Véolia-Suez : Genèse d'une affaire d'état... 

Ici  le dossier de presse de blog du monde diplomatique du 26/10/2020 Par Marc Laimé . Zoom

Véolia-Suez : Genèse d'une affaire d'état-

Lecture pleine page

Véolia-Suez: Genèse d'une affaire d'Etat : 10/20 - par Maurice le 28/10/2020 08:56 

26 octobre 2020

Véolia-Suez : Genèse d'une affaire d'état... 

Ici  le dossier de presse de blog du monde diplomatique du 26/10/2020 Par Marc Laimé . Zoom

Véolia-Suez : Genèse d'une affaire d'état-

Lecture pleine page

(28/10/2020 08:56)

Question de vayrana à la mairie de Véranne : 06/20 - par Maurice le 22/06/2020 08:51 

21 juin  2020

Alerte Mairie de Véranne : Question de Vayrana à la mairie de Véranne... 

Suivre les information en temps réel sur le site de la mairie de Véranne.

A propos de la crise de la qualité de l'eau potable que nous traversons, nous aimerions avoir réponse à quelques questions en relation avec le contrat avec la Saur.

Bien qu'en cas de crise majeure (ce qui est le cas) "la crise doit être gérée par la CCPR avec l'appui du délégataire".
Or, lors de la distribution d'eau en bouteilles vendredi, nous avons vu en action le Maire de Véranne une Adjointe et la Secrétaire de Mairie. Avons nous oublié quelqu'un de la CCPR ou de la Saur ?

Pouvez-vous également nous confirmer que nous avons été alertés par un message téléphonique de l'ARS qui réalise aussi les analyses de confirmation de celles opérées par la Saur ? Qui a commandé les bouteilles d'eau, à qui et qui les paient ? Comment les personnes incapables de se déplacer ont-elles été ravitaillées, si ce n'est par la solidarité citoyenne ?

Ces questions en lien avec les inquiétudes émises en Conseil communautaire par Annick Flacher qui ne voulait pas "à avoir à distribuer les bouteilles d'eau en cas de crise" si nous étions passés en régie. En aucun cas pour critiquer la gestion effective de la crise actuelle, à notre avis bien assurée par les élus et personnel municipaux. Merci de vos réponses.

--Vayrana--

Question de vayrana à la mairie de Véranne : 06/20 - par Maurice le 22/06/2020 08:51 

21 juin  2020

Alerte Mairie de Véranne : Question de Vayrana à la mairie de Véranne... 

Suivre les information en temps réel sur le site de la mairie de Véranne.

A propos de la crise de la qualité de l'eau potable que nous traversons, nous aimerions avoir réponse à quelques questions en relation avec le contrat avec la Saur.

Bien qu'en cas de crise majeure (ce qui est le cas) "la crise doit être gérée par la CCPR avec l'appui du délégataire".
Or, lors de la distribution d'eau en bouteilles vendredi, nous avons vu en action le Maire de Véranne une Adjointe et la Secrétaire de Mairie. Avons nous oublié quelqu'un de la CCPR ou de la Saur ?

Pouvez-vous également nous confirmer que nous avons été alertés par un message téléphonique de l'ARS qui réalise aussi les analyses de confirmation de celles opérées par la Saur ? Qui a commandé les bouteilles d'eau, à qui et qui les paient ? Comment les personnes incapables de se déplacer ont-elles été ravitaillées, si ce n'est par la solidarité citoyenne ?

Ces questions en lien avec les inquiétudes émises en Conseil communautaire par Annick Flacher qui ne voulait pas "à avoir à distribuer les bouteilles d'eau en cas de crise" si nous étions passés en régie. En aucun cas pour critiquer la gestion effective de la crise actuelle, à notre avis bien assurée par les élus et personnel municipaux. Merci de vos réponses.

--Vayrana--

(22/06/2020 08:51)

Alerte Mairie de Véranne : 06/20 - par Maurice le 22/06/2020 08:45 

19 juin  2020

Alerte Mairie de Véranne : Une contamination bactériologique sur le réseau d'eau... 

Suivre les information en temps réel sur le site de la mairie de Véranne.

ATTENTION

Dans le cadre d’un contrôle sanitaire de l’eau destinée à la consommation, des analyses ont révélé une contamination bactériologique (voir les conclusions de l’ARS).

Une chloration choc est en cours.

Il est recommandé de ne pas utiliser l’eau du robinet pour la boisson et la préparation des aliments.

Des bouteilles d’eau sont disponibles à la salle des fêtes ce vendredi 19 juin, de 18 heures à 20 heures et samedi 20 juin de 9 heures à midi.

Une nouvelle information suivra dès le retour à la normale.

Alerte Mairie de Véranne : 06/20 - par Maurice le 22/06/2020 08:45 

19 juin  2020

Alerte Mairie de Véranne : Une contamination bactériologique sur le réseau d'eau... 

Suivre les information en temps réel sur le site de la mairie de Véranne.

ATTENTION

Dans le cadre d’un contrôle sanitaire de l’eau destinée à la consommation, des analyses ont révélé une contamination bactériologique (voir les conclusions de l’ARS).

Une chloration choc est en cours.

Il est recommandé de ne pas utiliser l’eau du robinet pour la boisson et la préparation des aliments.

Des bouteilles d’eau sont disponibles à la salle des fêtes ce vendredi 19 juin, de 18 heures à 20 heures et samedi 20 juin de 9 heures à midi.

Une nouvelle information suivra dès le retour à la normale.

(22/06/2020 08:45)

Gestion privée de l'eau: à Toulouse, la mairie noie le poisson : 06/20 - par Maurice le 05/06/2020 08:49 

4 juin  2020

Gestion privée de l'eau : à Toulouse, la mairie noie le poisson... 

Libé - Stéphane Thépot, correspondant à Toulouse — 4 juin 2020

Jouant sur les mots, la ville de Toulouse refuse de parler de «privatisation» au sujet des délégations de service public sur l'eau
et l'assainissement. Mais comment Veolia et Suez peuvent-ils être moins chers qu'une régie publique ?


«J’ai tout négocié, sauf le prix», assure Pierre Trautmann dans son bureau du troisième étage du Capitole. L’adjoint au maire de Toulouse a conduit de main de maître la renégociation du contrat de délégation de service public de l’eau et de l’assainissement de la ville, étendu aux 36 autres communes de la métropole depuis le début de l’année 2020.


Les premières factures commencent à arriver dans les foyers. Première surprise : Veolia, concessionnaire depuis 30 ans du service à Toulouse, a totalement disparu sous une nouvelle marque, «eau de Toulouse métropole». Son principal concurrent, Suez, retenu par les élus en décembre 2018 pour assurer la partie assainissement pendant 12 ans, aussi. Les deux groupes se sont volontairement effacés au profit de la nouvelle dénomination, en lettres minuscules, qui retrouve l’usage des majuscules dans son logo avec cette signature en lettres capitales : «Service public».


« Posture politique»


Pour les 36 élus de gauche, minoritaires, qui avaient voté contre cette nouvelle délégation de service public, il s’agit presque d’une provocation. «Cela permet de ne pas mettre en avant des prestataires privés qui n’ont pas la cote auprès de la population», réagit François Lépineux sur Twitter. Le maire de Brax, petite commune de moins de 3 000 habitants en lisière de la forêt de Bouconne à l’ouest de l’agglomération, militait aux cotés d’un collectif associatif et syndical pour le retour à une régie publique afin d’exploiter directement les stations de pompage et les quatre usines de traitement de l’eau, les 17 stations d’épuration et les centaines de kilomètres de canalisations et d’égouts qui desservent l’agglomération. Il avait même organisé un référendum sur le sujet dans sa commune, tout comme le
maire de L’Union, Marc Péré.  «Posture politique», ronchonne Pierre Trautmann. Le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc (LR), s’est appuyé sur l’expertise de son adjoint, ancien directeur général des services de la ville. C’est lui qui avait déjà négocié l’arrivée de l’ancêtre de Veolia, la Compagnie générale des eaux, il y a trente ans, à l’époque de Dominique Baudis. Aux yeux des partisans d’un retour à une régie publique, Pierre Trautmann est l’homme qui a fait entrer le loup dans la bergerie. Ce polytechnicien se réjouit au contraire de travailler avec «les deux meilleures entreprises du monde»
dans le domaine de l’eau. Il fait valoir que les nouveaux contrats de délégation ont été votés par une large majorité de plus de 80 élus de la métropole, «toutes tendances politiques confondues».


Pierre Trautmann est surtout fier d’annoncer une baisse substantielle du prix de l’eau. A moins de trois euros le mètre cube (2,91 euros), l’eau de Toulouse Métropole serait l’une des moins chères de France. Sur la base d’une consommation moyenne de 10 mètres cubes par mois, un ménage toulousain
économiserait plus de 120 euros par an, selon les calculs de la municipalité. Le nouveau tarif étant harmonisé à l’échelle des 37 communes de la métropole, certains habitants qui payaient l’eau jusqu’à 5 euros vont voir leur facture baisser de 40 %.

Les partisans de la régie publique ont du mal à croire à ce miracle comptable. Quatre élus d’opposition ont même saisi le tribunal administratif. Ils soupçonnent une «manipulation» lors de l’étude comparative qui a conclu que la régie serait plus chère que l’offre des groupes privés. Comment un tel tour de passepasse est-il possible alors qu’une régie n’a pas d’actionnaires à rémunérer, demande en substance le collectif Ô Toulouse ? Si Veolia, même aiguillonnée par la concurrence de Suez, a pu baisser aussi fortement son tarif, c’est que le groupe devait pratiquer des marges importantes auparavant, grincent d’autres élus sceptiques.

Calcul comptable

De fait, Veolia avait déjà accepté de revoir son prix à la baisse. Pierre Cohen, alors maire socialiste de la ville rose, avait négocié une baisse du tarif de l’eau de 25 % en 2010, mais sans toucher à l’assainissement ni rompre prématurément le contrat, comme l’aurait souhaité le collectif Eau Secours. «On ne voulait pas être condamné à payer des indemnités à Veolia», explique Nicolas Tissot, ancien adjoint au maire socialiste. Un risque évalué entre 14 et 90 millions d’euros. Le Conseil d’Etat a confirmé en janvier dernier la condamnation définitive à plus de 2 millions d’indemnités de Toulouse Métropole pour la rupture anticipée, en 2010, du contrat qui liait la Lyonnaise des eaux à la commune de Saint-Orens-de-Gameville, une commune de l’est de l’agglomération qui était alors la seule à être dirigée par
un maire communiste.


Pierre Trautmann et Nicolas Tissot, qui représente désormais les associations d’usagers au conseil d’administration de la société ad hoc créée par Veolia, sont d’accord au moins sur un point : si Toulouse bénéficie d’un prix de l’eau très compétitif, c’est que l’agglomération peut compter sur une ressource de proximité abondante et de relative bonne qualité toute l’année : 90 % de l’eau est captée dans la Garonne, avec possibilité de puiser dans l’Ariège en cas de pollution. Les principales stations de pompage, situées à la confluence des deux cours d’eau pyrénéens, font remonter l’eau jusqu’à l’usine de traitement située sur la colline de Pech David. L’usine de Lacourtensourt, qui alimentait en eau les communes du nord de l’agglomération depuis le canal latéral, va pour sa part être fermée car elle était contrainte, lors des périodes de chômage du canal, de pomper directement dans la Garonne en aval de la station d’épuration de Ginestous.


A deux pas du fameux stade de rugby des Rouge et Noir du Stade toulousain, la station qui reçoit la plupart des égouts de l’agglomération est en passe de devenir une véritable usine à gaz : les boues malodorantes issues du traitement des eaux usées vont y être transformées en méthane. Les premiers essais de digesteurs sont en cours. L’injection dans le réseau du gaz obtenu dans quelques mois va même permettre de générer des recettes estimées à 3,71 millions d’euros par an à partir de 2021. L’argument financier a su convaincre l’ingénieur Pierre Trautmann, peu convaincu par la méthanisation proposée dès les années 90 par un ancien élu écologiste d’opposition. En prime, le procédé doit définitivement éradiquer les mauvaises odeurs de Ginestous. Mais c’est donc le groupe Suez qui a hérité pour douze ans de cette installation construite par une filiale de Veolia pour 28 millions d’euros.

Gestion privée de l'eau: à Toulouse, la mairie noie le poisson : 06/20 - par Maurice le 05/06/2020 08:49 

4 juin  2020

Gestion privée de l'eau : à Toulouse, la mairie noie le poisson... 

Libé - Stéphane Thépot, correspondant à Toulouse — 4 juin 2020

Jouant sur les mots, la ville de Toulouse refuse de parler de «privatisation» au sujet des délégations de service public sur l'eau
et l'assainissement. Mais comment Veolia et Suez peuvent-ils être moins chers qu'une régie publique ?


«J’ai tout négocié, sauf le prix», assure Pierre Trautmann dans son bureau du troisième étage du Capitole. L’adjoint au maire de Toulouse a conduit de main de maître la renégociation du contrat de délégation de service public de l’eau et de l’assainissement de la ville, étendu aux 36 autres communes de la métropole depuis le début de l’année 2020.


Les premières factures commencent à arriver dans les foyers. Première surprise : Veolia, concessionnaire depuis 30 ans du service à Toulouse, a totalement disparu sous une nouvelle marque, «eau de Toulouse métropole». Son principal concurrent, Suez, retenu par les élus en décembre 2018 pour assurer la partie assainissement pendant 12 ans, aussi. Les deux groupes se sont volontairement effacés au profit de la nouvelle dénomination, en lettres minuscules, qui retrouve l’usage des majuscules dans son logo avec cette signature en lettres capitales : «Service public».


« Posture politique»


Pour les 36 élus de gauche, minoritaires, qui avaient voté contre cette nouvelle délégation de service public, il s’agit presque d’une provocation. «Cela permet de ne pas mettre en avant des prestataires privés qui n’ont pas la cote auprès de la population», réagit François Lépineux sur Twitter. Le maire de Brax, petite commune de moins de 3 000 habitants en lisière de la forêt de Bouconne à l’ouest de l’agglomération, militait aux cotés d’un collectif associatif et syndical pour le retour à une régie publique afin d’exploiter directement les stations de pompage et les quatre usines de traitement de l’eau, les 17 stations d’épuration et les centaines de kilomètres de canalisations et d’égouts qui desservent l’agglomération. Il avait même organisé un référendum sur le sujet dans sa commune, tout comme le
maire de L’Union, Marc Péré.  «Posture politique», ronchonne Pierre Trautmann. Le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc (LR), s’est appuyé sur l’expertise de son adjoint, ancien directeur général des services de la ville. C’est lui qui avait déjà négocié l’arrivée de l’ancêtre de Veolia, la Compagnie générale des eaux, il y a trente ans, à l’époque de Dominique Baudis. Aux yeux des partisans d’un retour à une régie publique, Pierre Trautmann est l’homme qui a fait entrer le loup dans la bergerie. Ce polytechnicien se réjouit au contraire de travailler avec «les deux meilleures entreprises du monde»
dans le domaine de l’eau. Il fait valoir que les nouveaux contrats de délégation ont été votés par une large majorité de plus de 80 élus de la métropole, «toutes tendances politiques confondues».


Pierre Trautmann est surtout fier d’annoncer une baisse substantielle du prix de l’eau. A moins de trois euros le mètre cube (2,91 euros), l’eau de Toulouse Métropole serait l’une des moins chères de France. Sur la base d’une consommation moyenne de 10 mètres cubes par mois, un ménage toulousain
économiserait plus de 120 euros par an, selon les calculs de la municipalité. Le nouveau tarif étant harmonisé à l’échelle des 37 communes de la métropole, certains habitants qui payaient l’eau jusqu’à 5 euros vont voir leur facture baisser de 40 %.

Les partisans de la régie publique ont du mal à croire à ce miracle comptable. Quatre élus d’opposition ont même saisi le tribunal administratif. Ils soupçonnent une «manipulation» lors de l’étude comparative qui a conclu que la régie serait plus chère que l’offre des groupes privés. Comment un tel tour de passepasse est-il possible alors qu’une régie n’a pas d’actionnaires à rémunérer, demande en substance le collectif Ô Toulouse ? Si Veolia, même aiguillonnée par la concurrence de Suez, a pu baisser aussi fortement son tarif, c’est que le groupe devait pratiquer des marges importantes auparavant, grincent d’autres élus sceptiques.

Calcul comptable

De fait, Veolia avait déjà accepté de revoir son prix à la baisse. Pierre Cohen, alors maire socialiste de la ville rose, avait négocié une baisse du tarif de l’eau de 25 % en 2010, mais sans toucher à l’assainissement ni rompre prématurément le contrat, comme l’aurait souhaité le collectif Eau Secours. «On ne voulait pas être condamné à payer des indemnités à Veolia», explique Nicolas Tissot, ancien adjoint au maire socialiste. Un risque évalué entre 14 et 90 millions d’euros. Le Conseil d’Etat a confirmé en janvier dernier la condamnation définitive à plus de 2 millions d’indemnités de Toulouse Métropole pour la rupture anticipée, en 2010, du contrat qui liait la Lyonnaise des eaux à la commune de Saint-Orens-de-Gameville, une commune de l’est de l’agglomération qui était alors la seule à être dirigée par
un maire communiste.


Pierre Trautmann et Nicolas Tissot, qui représente désormais les associations d’usagers au conseil d’administration de la société ad hoc créée par Veolia, sont d’accord au moins sur un point : si Toulouse bénéficie d’un prix de l’eau très compétitif, c’est que l’agglomération peut compter sur une ressource de proximité abondante et de relative bonne qualité toute l’année : 90 % de l’eau est captée dans la Garonne, avec possibilité de puiser dans l’Ariège en cas de pollution. Les principales stations de pompage, situées à la confluence des deux cours d’eau pyrénéens, font remonter l’eau jusqu’à l’usine de traitement située sur la colline de Pech David. L’usine de Lacourtensourt, qui alimentait en eau les communes du nord de l’agglomération depuis le canal latéral, va pour sa part être fermée car elle était contrainte, lors des périodes de chômage du canal, de pomper directement dans la Garonne en aval de la station d’épuration de Ginestous.


A deux pas du fameux stade de rugby des Rouge et Noir du Stade toulousain, la station qui reçoit la plupart des égouts de l’agglomération est en passe de devenir une véritable usine à gaz : les boues malodorantes issues du traitement des eaux usées vont y être transformées en méthane. Les premiers essais de digesteurs sont en cours. L’injection dans le réseau du gaz obtenu dans quelques mois va même permettre de générer des recettes estimées à 3,71 millions d’euros par an à partir de 2021. L’argument financier a su convaincre l’ingénieur Pierre Trautmann, peu convaincu par la méthanisation proposée dès les années 90 par un ancien élu écologiste d’opposition. En prime, le procédé doit définitivement éradiquer les mauvaises odeurs de Ginestous. Mais c’est donc le groupe Suez qui a hérité pour douze ans de cette installation construite par une filiale de Veolia pour 28 millions d’euros.

(05/06/2020 08:49)

Australie: un marché de l'eau à la dérive 05/20 - par Maurice le 23/05/2020 04:11 

mai 2020

Australie : un marché de l'eau à la dérive.

Par Aude Massiot, Envoyée spéciale à Dubbo et Sydney — Libé 13 mai 2020 Depuis 1994, le pays a mis en place un système censé soutenir l’économie tout en
empêchant le gaspillage de la précieuse ressource. Mais sans garde-fou, il incite à la spéculation avec des conséquences pour les plus petits exploitants, comme dans la région de Dubbo en Nouvelle-Galles du Sud.


D’un rapide geste de la main, Scott chasse une mouche de son visage bronzé. Au volant de son pick-up brinquebalant sur le bitume surchauffé, l’agriculteur en jean et coiffé d’un chapeau de cow-boy montre des deux côtés de la route des bovins noirs qui grattent les prairies caillouteuses sous le soleil ardent. «Nos vaches
devraient avoir de l’herbe jusqu’aux genoux à cette époque de l’année, lance l’Australien de 54 ans. Dans une saison normale, on serait en train de travailler dans les champs. Au lieu de ça, on est assis dans nos fermes, désoeuvrés.»


La région de Dubbo, au centre de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, souffre depuis trois ans de l’une des pires sécheresses de son histoire. Sans irrigation, rien ne pousse. L’eau qui était déjà une précieuse ressource dans ces contrées semi-arides est devenue un bien rare et convoité. Et comme partout dans le pays, une source de revenus pour certains. Car en Australie, l’eau a un prix.


L’île-continent a été le premier pays au monde à avoir mis en place un marché de l’eau, dès 1994, qui draine aujourd’hui entre 1 et 2 milliards de dollars australiens par an (600 000 à 1,2 million d’euros). A l’origine, le but affiché par le gouvernement fédéral était clair : favoriser les activités les plus productives pour booster l’économie
australienne. «Cette réforme s’est faite dans une approche néolibérale, explique Rosemary Lyster, professeure de droit environnemental de l’université de Sydney. Quand, en 2004, le gouvernement a voulu faire du mécanisme de marché le principal outil de gestion de l’eau dans le pays, c’est le Conseil national de la concurrence qui a été chargé de vérifier que les Etats se conformaient à la réforme. Près de 16 milliards de dollars australiens ont été débloqués pour les encourager.»


«Trop de quotas distribués»


Bien que ses motivations soient économiques, le gouvernement australien a été forcé d’inclure des impératifs environnementaux dans sa réforme. Pour surpasser les pouvoirs des Etats, l’exécutif fédéral a dû se baser sur plusieurs traités de droit international signés par l’Australie sur la protection de la biodiversité. Grâce à ce tour de
passe-passe légal, le Water Act, voté en 2007 pour conforter le système de marché, énonce clairement la protection des écosystèmes comme une des priorités des plans de gestion de l’eau que doivent développer les Etats en parallèle des marchés.


L’idée était bien de donner un prix à l’eau. En cas de pénurie, les tarifs augmenteraient et seules les activités les plus rémunératrices auraient les moyens financiers de continuer à acheter de l’or bleu. Contre toute attente, les environnementalistes ont soutenu le principe car, selon eux, ce système permettrait de réduire les gaspillages. En plus de cela, le gouvernement fédéral s’est engagé à acheter une certaine quantité d’eau tous les ans pour garantir qu’elle reste dans l’environnement.


Seulement, vingt-six ans plus tard, le système est en crise, et la sécheresse historique en révèle abruptement les défauts. Son fonctionnement est complexe mais il peut être résumé ainsi : les territoires ont distribué des droits permanents à pomper de l’eau aux agriculteurs, aux industriels et aux collectivités. Ceux-ci peuvent choisir de
revendre temporairement ou définitivement leurs quotas, s’ils n’en ont pas besoin ou pour engranger des revenus. Ces transactions se jouent dans des véritables bourses de l’eau où les prix fluctuent en fonction de l’offre et de la demande. Tout le monde peut se servir.


Des filets d’oranges et de tomates étalés sur le stand devant lui, une main pour se cacher du soleil au zénith, Tony Barlow relate, sans émotion, comment il maintient son exploitation en vie au jour le jour. «Comme le niveau de l’eau de la rivière Macquarie, qui passe en bordure de la ville, est bas, il est devenu très cher d’acheter de l’eau, dit l’agriculteur en servant un client sur le marché de Dubbo. Je paye environ 1 000 dollars australiens le mégalitre contre 150 dans une année normale, sachant que j’en consomme autour de 80 mégalitres par an dans mon exploitation.» Comment trouve-t-il son eau ? Comme beaucoup de ses confrères, il a recours à un courtier, qui prend une juteuse commission : «Il nous appelle quand il a trouvé un autre agriculteur prêt à me vendre une partie de son eau. Puis nous avons vingt-quatre heures pour pomper la quantité d’eau achetée, une fois qu’elle a été relâchée dans la rivière.»


Comme Scott, Tony connaît des fermiers qui ont arrêté de travailler et trouvent plus profitable de vendre leurs droits à l’eau. Même les collectivités comme le conseil régional de Dubbo payent des intermédiaires pour vendre leurs quotas sur les marchés, nous a expliqué une des responsables locales.


John Quiggin, un des économistes australiens experts de la question, ne considère pas que le système de marché est inefficace en soi pour bien gérer les ressources naturelles. «Le problème est que, comme pour le marché carbone européen, trop de quotas ont été distribués par rapport à l’eau disponible dans l’environnement,
argumente le chercheur de l’université du Queensland. Les calculs n’avaient pas de fondements scientifiques et ils ne prenaient pas en compte la baisse de la disponibilité de l’eau causée par le réchauffement climatique.»


Assis sur une botte de foin, à l’ombre d’un hangar en tôle grise, Scott ne décrie pas non plus le système, efficace pour limiter le gaspillage. Mais lui qui irrigue une partie de ses terres pour produire du foin, pointe du doigt une autre dérive : il regrette qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir un usage de l’eau pour en acquérir des droits. «Des
investisseurs et des fonds spéculatifs achètent des quantités énormes de quotas d’eau, puis attendent que les prix montent pour les revendre, explique le fermier descendant de trois générations d’agriculteurs. Ce n’est pas normal.» Cette spéculation commence déjà à transformer le paysage agricole australien. Les cultures d’agrumes, de coton et d’amandes remplacent peu à peu les céréales et se concentrent dans les mains d’un nombre réduit d’entreprises de l’agro-industrie.


D’après David Littleproud, le ministre fédéral responsable des ressources en eau, 14 % des licences sont détenues par des investisseurs. Cette spéculation financière est une conséquence logique du système tel qu’il a été mis en place, assure, de son côté, Rosemary Lyster. «Ces entreprises utilisent la loi parce qu’elles le peuvent, souligne la chercheuse. Il est impossible de dire si un système de marché de l’eau est efficace ou non, car il n’a jamais pu fonctionner correctement, en Australie, à cause des interférences politiques et du lobby agricole.»


«Problèmes de surveillance»


Le gouvernement a commencé à s’inquiéter de ces dérives seulement récemment. Réuni avec les Etats, en décembre, il a demandé à la Commission australienne de la concurrence et des consommateurs de «présenter des recommandations, [prévues en mars et finalement repoussées, ndlr] sur l’impact de la propriété étrangère de
droits sur l’eau, de la possession monopolistique et de la spéculation contre-productive, et de déterminer si des changements sont nécessaires dans la réglementation du marché».


La porte de sa maison grande ouverte sur la rue d’un quartier cossu de Sydney, Emma Carmody a le ton de ceux qui ont l’habitude de se battre pour obtenir ce qu’ils veulent. En 2017, un documentaire d’investigation a révélé l’un des plus gros scandales liés au marché de l’eau australien, et l’avocate en était l’une des principales sources. «Plusieurs clients étaient venus me voir, inquiets après que des vols d’eau ont été perpétrés dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, raconte-t-elle. Ils avaient prévenu les autorités mais elles n’avaient pas réagi. J’ai fait de même, elles n’étaient pas intéressées. Alors j’ai commencé à enquêter toute seule et j’ai fini par obtenir des preuves qu’un gros producteur de coton volait d’importantes quantités d’eau en trafiquant ses compteurs de pompage.» Après la sortie du documentaire sur la chaîne publique ABC, son cabinet a porté plainte.


D’après cette experte du droit de l’environnement australien, la loi sur l’eau n’est pas le problème, mais plutôt son application. «Depuis ces révélations, plusieurs enquêtes officielles ont prouvé qu’il y avait de gros problèmes de surveillance, notamment de vérification de la fiabilité des compteurs d’eau adossés aux pompes dans les cours d’eau, ajoute Emma Carmody. Un nouveau régulateur très sérieux a été mis en poste en Nouvelle-Galles du Sud. C’est une première avancée.» Dans sa clientèle, elle réunit autant des fermiers de produits laitiers que des communautés autochtones, tous démunis face aux prix du marché. «Une partie de l’industrie ne peut pas survivre et l’Etat ne les aide pas, poursuit-elle. Certains diraient que c’est le but du marché, mais ce n’est pas humain de créer un système destiné à réduire l’accès à l’eau aux personnes qui en ont besoin.»


Au marché de Dubbo, Jack s’affaire derrière ses pots de confits de figues aux multiples épices. Il n’hésite pas à poser la question en toile de fond du débat national, mais qu’étonnamment personne ne semble vouloir formuler : est-il seulement moral de commercialiser une ressource naturelle comme l’eau ?


Aude Massiot Envoyée spéciale à Dubbo et Sydney


 

Australie: un marché de l'eau à la dérive 05/20 - par Maurice le 23/05/2020 04:11 

mai 2020

Australie : un marché de l'eau à la dérive.

Par Aude Massiot, Envoyée spéciale à Dubbo et Sydney — Libé 13 mai 2020 Depuis 1994, le pays a mis en place un système censé soutenir l’économie tout en
empêchant le gaspillage de la précieuse ressource. Mais sans garde-fou, il incite à la spéculation avec des conséquences pour les plus petits exploitants, comme dans la région de Dubbo en Nouvelle-Galles du Sud.


D’un rapide geste de la main, Scott chasse une mouche de son visage bronzé. Au volant de son pick-up brinquebalant sur le bitume surchauffé, l’agriculteur en jean et coiffé d’un chapeau de cow-boy montre des deux côtés de la route des bovins noirs qui grattent les prairies caillouteuses sous le soleil ardent. «Nos vaches
devraient avoir de l’herbe jusqu’aux genoux à cette époque de l’année, lance l’Australien de 54 ans. Dans une saison normale, on serait en train de travailler dans les champs. Au lieu de ça, on est assis dans nos fermes, désoeuvrés.»


La région de Dubbo, au centre de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, souffre depuis trois ans de l’une des pires sécheresses de son histoire. Sans irrigation, rien ne pousse. L’eau qui était déjà une précieuse ressource dans ces contrées semi-arides est devenue un bien rare et convoité. Et comme partout dans le pays, une source de revenus pour certains. Car en Australie, l’eau a un prix.


L’île-continent a été le premier pays au monde à avoir mis en place un marché de l’eau, dès 1994, qui draine aujourd’hui entre 1 et 2 milliards de dollars australiens par an (600 000 à 1,2 million d’euros). A l’origine, le but affiché par le gouvernement fédéral était clair : favoriser les activités les plus productives pour booster l’économie
australienne. «Cette réforme s’est faite dans une approche néolibérale, explique Rosemary Lyster, professeure de droit environnemental de l’université de Sydney. Quand, en 2004, le gouvernement a voulu faire du mécanisme de marché le principal outil de gestion de l’eau dans le pays, c’est le Conseil national de la concurrence qui a été chargé de vérifier que les Etats se conformaient à la réforme. Près de 16 milliards de dollars australiens ont été débloqués pour les encourager.»


«Trop de quotas distribués»


Bien que ses motivations soient économiques, le gouvernement australien a été forcé d’inclure des impératifs environnementaux dans sa réforme. Pour surpasser les pouvoirs des Etats, l’exécutif fédéral a dû se baser sur plusieurs traités de droit international signés par l’Australie sur la protection de la biodiversité. Grâce à ce tour de
passe-passe légal, le Water Act, voté en 2007 pour conforter le système de marché, énonce clairement la protection des écosystèmes comme une des priorités des plans de gestion de l’eau que doivent développer les Etats en parallèle des marchés.


L’idée était bien de donner un prix à l’eau. En cas de pénurie, les tarifs augmenteraient et seules les activités les plus rémunératrices auraient les moyens financiers de continuer à acheter de l’or bleu. Contre toute attente, les environnementalistes ont soutenu le principe car, selon eux, ce système permettrait de réduire les gaspillages. En plus de cela, le gouvernement fédéral s’est engagé à acheter une certaine quantité d’eau tous les ans pour garantir qu’elle reste dans l’environnement.


Seulement, vingt-six ans plus tard, le système est en crise, et la sécheresse historique en révèle abruptement les défauts. Son fonctionnement est complexe mais il peut être résumé ainsi : les territoires ont distribué des droits permanents à pomper de l’eau aux agriculteurs, aux industriels et aux collectivités. Ceux-ci peuvent choisir de
revendre temporairement ou définitivement leurs quotas, s’ils n’en ont pas besoin ou pour engranger des revenus. Ces transactions se jouent dans des véritables bourses de l’eau où les prix fluctuent en fonction de l’offre et de la demande. Tout le monde peut se servir.


Des filets d’oranges et de tomates étalés sur le stand devant lui, une main pour se cacher du soleil au zénith, Tony Barlow relate, sans émotion, comment il maintient son exploitation en vie au jour le jour. «Comme le niveau de l’eau de la rivière Macquarie, qui passe en bordure de la ville, est bas, il est devenu très cher d’acheter de l’eau, dit l’agriculteur en servant un client sur le marché de Dubbo. Je paye environ 1 000 dollars australiens le mégalitre contre 150 dans une année normale, sachant que j’en consomme autour de 80 mégalitres par an dans mon exploitation.» Comment trouve-t-il son eau ? Comme beaucoup de ses confrères, il a recours à un courtier, qui prend une juteuse commission : «Il nous appelle quand il a trouvé un autre agriculteur prêt à me vendre une partie de son eau. Puis nous avons vingt-quatre heures pour pomper la quantité d’eau achetée, une fois qu’elle a été relâchée dans la rivière.»


Comme Scott, Tony connaît des fermiers qui ont arrêté de travailler et trouvent plus profitable de vendre leurs droits à l’eau. Même les collectivités comme le conseil régional de Dubbo payent des intermédiaires pour vendre leurs quotas sur les marchés, nous a expliqué une des responsables locales.


John Quiggin, un des économistes australiens experts de la question, ne considère pas que le système de marché est inefficace en soi pour bien gérer les ressources naturelles. «Le problème est que, comme pour le marché carbone européen, trop de quotas ont été distribués par rapport à l’eau disponible dans l’environnement,
argumente le chercheur de l’université du Queensland. Les calculs n’avaient pas de fondements scientifiques et ils ne prenaient pas en compte la baisse de la disponibilité de l’eau causée par le réchauffement climatique.»


Assis sur une botte de foin, à l’ombre d’un hangar en tôle grise, Scott ne décrie pas non plus le système, efficace pour limiter le gaspillage. Mais lui qui irrigue une partie de ses terres pour produire du foin, pointe du doigt une autre dérive : il regrette qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir un usage de l’eau pour en acquérir des droits. «Des
investisseurs et des fonds spéculatifs achètent des quantités énormes de quotas d’eau, puis attendent que les prix montent pour les revendre, explique le fermier descendant de trois générations d’agriculteurs. Ce n’est pas normal.» Cette spéculation commence déjà à transformer le paysage agricole australien. Les cultures d’agrumes, de coton et d’amandes remplacent peu à peu les céréales et se concentrent dans les mains d’un nombre réduit d’entreprises de l’agro-industrie.


D’après David Littleproud, le ministre fédéral responsable des ressources en eau, 14 % des licences sont détenues par des investisseurs. Cette spéculation financière est une conséquence logique du système tel qu’il a été mis en place, assure, de son côté, Rosemary Lyster. «Ces entreprises utilisent la loi parce qu’elles le peuvent, souligne la chercheuse. Il est impossible de dire si un système de marché de l’eau est efficace ou non, car il n’a jamais pu fonctionner correctement, en Australie, à cause des interférences politiques et du lobby agricole.»


«Problèmes de surveillance»


Le gouvernement a commencé à s’inquiéter de ces dérives seulement récemment. Réuni avec les Etats, en décembre, il a demandé à la Commission australienne de la concurrence et des consommateurs de «présenter des recommandations, [prévues en mars et finalement repoussées, ndlr] sur l’impact de la propriété étrangère de
droits sur l’eau, de la possession monopolistique et de la spéculation contre-productive, et de déterminer si des changements sont nécessaires dans la réglementation du marché».


La porte de sa maison grande ouverte sur la rue d’un quartier cossu de Sydney, Emma Carmody a le ton de ceux qui ont l’habitude de se battre pour obtenir ce qu’ils veulent. En 2017, un documentaire d’investigation a révélé l’un des plus gros scandales liés au marché de l’eau australien, et l’avocate en était l’une des principales sources. «Plusieurs clients étaient venus me voir, inquiets après que des vols d’eau ont été perpétrés dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, raconte-t-elle. Ils avaient prévenu les autorités mais elles n’avaient pas réagi. J’ai fait de même, elles n’étaient pas intéressées. Alors j’ai commencé à enquêter toute seule et j’ai fini par obtenir des preuves qu’un gros producteur de coton volait d’importantes quantités d’eau en trafiquant ses compteurs de pompage.» Après la sortie du documentaire sur la chaîne publique ABC, son cabinet a porté plainte.


D’après cette experte du droit de l’environnement australien, la loi sur l’eau n’est pas le problème, mais plutôt son application. «Depuis ces révélations, plusieurs enquêtes officielles ont prouvé qu’il y avait de gros problèmes de surveillance, notamment de vérification de la fiabilité des compteurs d’eau adossés aux pompes dans les cours d’eau, ajoute Emma Carmody. Un nouveau régulateur très sérieux a été mis en poste en Nouvelle-Galles du Sud. C’est une première avancée.» Dans sa clientèle, elle réunit autant des fermiers de produits laitiers que des communautés autochtones, tous démunis face aux prix du marché. «Une partie de l’industrie ne peut pas survivre et l’Etat ne les aide pas, poursuit-elle. Certains diraient que c’est le but du marché, mais ce n’est pas humain de créer un système destiné à réduire l’accès à l’eau aux personnes qui en ont besoin.»


Au marché de Dubbo, Jack s’affaire derrière ses pots de confits de figues aux multiples épices. Il n’hésite pas à poser la question en toile de fond du débat national, mais qu’étonnamment personne ne semble vouloir formuler : est-il seulement moral de commercialiser une ressource naturelle comme l’eau ?


Aude Massiot Envoyée spéciale à Dubbo et Sydney


 

(23/05/2020 04:11)

Etat biologique des milieux aquatiques en France – Edition 2019 - 05/20 - par Maurice le 08/05/2020 10:34 

Le 8 mai 2020  ...

Etat biologique des milieux aquatiques en France - Edition 2019 - Office international de l'eau.

Etat biologique des milieux aquatiques en France – Edition 2019 - Office international de l'eau

La directive habitats-faune-flore (DHFF) et la directive cadre sur l’eau (DCE) sont deux textes qui visent la préservation des espèces et des écosystèmes. Si le périmètre, les concepts et les unités d’évaluation de ces deux directives ne sont pas équivalents, elles placent toutes les deux la biologie au cœur de leurs principes. Bien que la biodiversité aquatique soit trop vaste pour connaître son état de manière exhaustive, les dispositifs mis en place par les États membres dans le cadre de cette réglementation permettent : d’évaluer l’état biologique d’une partie des masses d’eau de surface (cours d’eau, plans d’eau, eaux de transition et côtières), sur la base du suivi de certaines communautés biologiques (poissons, macro-invertébrés, phytoplancton, macrophytes et phytobenthos) ; d’évaluer l’état de conservation des habitats et des espèces considérées comme d’intérêt communautaire et prioritaires car menacés de disparition, vulnérables, rares ou endémiques.

Les données disponibles, issues des évaluations réalisées dans le cadre de la DCE et la DHFF, et leur mise en regard montrent que : les connaissances acquises ont largement progressé depuis les premiers bilans, avec une augmentation des suivis et l’évolution des méthodes d’évaluation ; à l’échelle de l’Union européenne, la France se situe près de la moyenne européenne pour l’état biologique des masses d’eau et l’état de conservation des espèces d’intérêt communautaire inféodées aux milieux humides, tandis qu’elle est dans le bas du classement pour les habitats humides ; les résultats de l’évaluation de l’état de conservation des espèces et habitats sont plus sévères que ce que révèlent les résultats de l’évaluation de l’état biologique, ce qui semble logique puisqu’elle concerne des espèces et des habitats déjà identifiés comme menacés ou vulnérables ; la situation semble être moins dégradée en 2016 qu’en 2010 pour les masses d’eau cours d’eau et pour les masses d’eau plans d’eau, mais inversement pour les masses d’eau de transition et masses d’eau côtière ; la tendance d’évolution pour l’état de conservation des habitats humides et des espèces inféodées aux milieux humides est globalement à la stabilité et au déclin.

Voir le rapport ici

Etat biologique des milieux aquatiques en France – Edition 2019 - 05/20 - par Maurice le 08/05/2020 10:34 

Le 8 mai 2020  ...

Etat biologique des milieux aquatiques en France - Edition 2019 - Office international de l'eau.

Etat biologique des milieux aquatiques en France – Edition 2019 - Office international de l'eau

La directive habitats-faune-flore (DHFF) et la directive cadre sur l’eau (DCE) sont deux textes qui visent la préservation des espèces et des écosystèmes. Si le périmètre, les concepts et les unités d’évaluation de ces deux directives ne sont pas équivalents, elles placent toutes les deux la biologie au cœur de leurs principes. Bien que la biodiversité aquatique soit trop vaste pour connaître son état de manière exhaustive, les dispositifs mis en place par les États membres dans le cadre de cette réglementation permettent : d’évaluer l’état biologique d’une partie des masses d’eau de surface (cours d’eau, plans d’eau, eaux de transition et côtières), sur la base du suivi de certaines communautés biologiques (poissons, macro-invertébrés, phytoplancton, macrophytes et phytobenthos) ; d’évaluer l’état de conservation des habitats et des espèces considérées comme d’intérêt communautaire et prioritaires car menacés de disparition, vulnérables, rares ou endémiques.

Les données disponibles, issues des évaluations réalisées dans le cadre de la DCE et la DHFF, et leur mise en regard montrent que : les connaissances acquises ont largement progressé depuis les premiers bilans, avec une augmentation des suivis et l’évolution des méthodes d’évaluation ; à l’échelle de l’Union européenne, la France se situe près de la moyenne européenne pour l’état biologique des masses d’eau et l’état de conservation des espèces d’intérêt communautaire inféodées aux milieux humides, tandis qu’elle est dans le bas du classement pour les habitats humides ; les résultats de l’évaluation de l’état de conservation des espèces et habitats sont plus sévères que ce que révèlent les résultats de l’évaluation de l’état biologique, ce qui semble logique puisqu’elle concerne des espèces et des habitats déjà identifiés comme menacés ou vulnérables ; la situation semble être moins dégradée en 2016 qu’en 2010 pour les masses d’eau cours d’eau et pour les masses d’eau plans d’eau, mais inversement pour les masses d’eau de transition et masses d’eau côtière ; la tendance d’évolution pour l’état de conservation des habitats humides et des espèces inféodées aux milieux humides est globalement à la stabilité et au déclin.

Voir le rapport ici

(08/05/2020 10:34)

État de la situation hydrologique du département de la Loire 04/20 - par Maurice le 30/04/2020 18:46 

 avril 2020

Etat de la situation hydrologique du département de la Loire.

Le déficit pluviométrique observé depuis le début de l’année 2020 a favorisé un assèchement précoce des sols. Ainsi, seulement 19 mm de précipitations cumulées ont été enregistrées à Andrézieux-Bouthéon depuis le 1er mars.

Les niveaux des cours d’eau du département de la Loire sont très inférieurs aux moyennes saisonnières (occurrences quinquennales à décennales sèches). Les températures maximales relativement élevées depuis le 4 avril et l’augmentation de l’évapotranspiration ont accentuées la faiblesse des débits, notamment du Gier ou encore du Rhins.

Selon les prévisions de Météo-France pour quinze jours, aucun renversement notable vers un temps humide ne se dégage hormis un faible épisode pluvieux entre dimanche et lundi.

Aussi, afin de préserver les usages prioritaires et la survie des écosystèmes aquatiques et anticiper toute dégradation potentielle de la situation hydrologique l’ensemble du département est placé en situation de vigilance.

De fait, tous les usagers sont d’ores et déjà invités à limiter leur consommation d’eau dans le cadre d’une gestion raisonnée de la ressource.

Si, en l’absence de pluies significatives, cette situation ne s’améliore pas au cours des prochaines semaines, des mesures de limitation des usages de l’eau pourraient être prises sur certains secteurs du département.

Les services de contrôle seront vigilants durant cette période pour s’assurer du respect des règlements et des arrêtés préfectoraux individuels d’autorisation ou déclaration de prélèvement, en particulier vis-à-vis du respect du débit à réserver aux cours d’eau.

--

Le service de l'état dans la Loire information du 22/04/2020

 

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État de la situation hydrologique du département de la Loire 04/20 - par Maurice le 30/04/2020 18:46 

 avril 2020

Etat de la situation hydrologique du département de la Loire.

Le déficit pluviométrique observé depuis le début de l’année 2020 a favorisé un assèchement précoce des sols. Ainsi, seulement 19 mm de précipitations cumulées ont été enregistrées à Andrézieux-Bouthéon depuis le 1er mars.

Les niveaux des cours d’eau du département de la Loire sont très inférieurs aux moyennes saisonnières (occurrences quinquennales à décennales sèches). Les températures maximales relativement élevées depuis le 4 avril et l’augmentation de l’évapotranspiration ont accentuées la faiblesse des débits, notamment du Gier ou encore du Rhins.

Selon les prévisions de Météo-France pour quinze jours, aucun renversement notable vers un temps humide ne se dégage hormis un faible épisode pluvieux entre dimanche et lundi.

Aussi, afin de préserver les usages prioritaires et la survie des écosystèmes aquatiques et anticiper toute dégradation potentielle de la situation hydrologique l’ensemble du département est placé en situation de vigilance.

De fait, tous les usagers sont d’ores et déjà invités à limiter leur consommation d’eau dans le cadre d’une gestion raisonnée de la ressource.

Si, en l’absence de pluies significatives, cette situation ne s’améliore pas au cours des prochaines semaines, des mesures de limitation des usages de l’eau pourraient être prises sur certains secteurs du département.

Les services de contrôle seront vigilants durant cette période pour s’assurer du respect des règlements et des arrêtés préfectoraux individuels d’autorisation ou déclaration de prélèvement, en particulier vis-à-vis du respect du débit à réserver aux cours d’eau.

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Le service de l'état dans la Loire information du 22/04/2020

 

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(30/04/2020 18:46)

17/04/2021 18:56